Dans l’ombre de la ville lumière

Dans l’ombre de la ville lumière

Nowel, 20 ans, a une passion peu commune, la cataphilie. C’est-à-dire qu’elle visite clandestinement les carrières souterraines de Paris. C’est avec son grand-père qu’elle a fait ses premiers pas dans le monde sous terre de la capitale, il y a 9 ans.

« Placez-vous en silence dans un couloir froid que vous ne connaissez pas, sans lumière avec les volets fermés. Imaginez-vous maintenant à plus ou moins 20m sous terre, dans ce long couloir. C’est ce que vous ressentiriez si vous étiez dans les catacombes avec votre lampe éteinte. Si vous l’allumez, vous verrez, en général, ce long tunnel d’une couleur sable. Vous trouverez souvent des plaques avec des noms de rues.   Ce sont les véritables rues au-dessus de nos têtes… C’est une des manières de se repérer. » confie Nowel.

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Moment de détente dans les catacombes ©Ely Demaeseneire

Ce qui l’attire dans les catacombes, c’est l’ambiance des galeries, ses amis, l’histoire du lieu, les soirées et les aventures que l’on peut y vivre.  Nowel a un besoin d’adrénaline pour le côté excitant. En effet, elle vit à chaque fois une aventure avec le danger des galeries, le fait de ne pas avoir de réseau, les cataflics (police souterraine)…

« Ce lieu est un exutoire, quand je descends, tous mes soucis restent à la surface. Je prends une autre identité. D’ailleurs, Nowel c’est mon nom de cataphile. En bas, on retrouve beaucoup de personnes dans le même cas. Par exemple, des personnes de grandes classes sociales qui souhaitent laisser leurs responsabilités de côté le temps de quelques instants » déclare l’aventurière.

 Des similitudes, un monde parallèle  

Nowel explique que ce lieu est vraiment un parallèle du monde des « surfaciens ». Nous pouvons y retrouver une pièce qui se nomme « la librairie » où on échange des livres, la pièce « apéro » où l’on peut y faire un pique-nique, des salles où l’on peut accueillir 200 personnes environ. On descend donc le matériel pour le DJ ou les chanteurs. Il y a même une période où des cataphiles avaient dévié l’électricité pour créer un cinéma. L’endroit dans les catacombes que Nowel préfère est le bunker qui a été utilisé par les Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il y a certains tags qui donnent beaucoup de charme. On peut citer la fresque de la vague de Kanagawa ou encore une partition de Chopin. Il n’y a pas que des fresques, il y a également des sculptures, Nowel donne l’exemple d’un château qui a été sculpté ou encore d’une silhouette humaine qui empêche le ciel de s’écrouler.

En revanche, la cataphile est absolument contre les « bêtes » graffitis qui n’ont aucun intérêt artistique. « C’est plus de la dégradation et ça rend les galeries sales », dit-elle.

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